Motoi Yamamoto et ses installations de sel

Motoi Yamamoto et ses installations de sel
Motoi Yamamoto et ses installations de sel

Motoi Yamamoto est un artiste japonais ayant pris pour matériau de prédilection pour ses réalisations éphémères, un condiment : le sel.

Il coule méticuleusement durant des heures, les lignes de labyrinthes de sel, les mailles d’une mousse brassée par le remous du mouvement de l’artiste… Le sel lui-même pour paysage marin.

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Symboliquement, nous pouvons associer le sel à l’eau salée des océans ainsi qu’à celle qui constitue notre organisme. Une carence ou un excès de sel pouvant conduire à la mort. Ainsi ce matériau symbolique suspend pour un instant le paysage de la vie au trépas.

Pour l’histoire personnelle, Motoi Yamamoto explique avoir été marqué par le décès de sa sœur en 1994 des suites d’un cancer du cerveau.

Il dirige alors son travail vers un thème, dont le fil conducteur serait la renaissance lien entre vie et mort.

Il est coutume au Japon, qu’après avoir assisté à des funérailles on doit se jeter du sel sur soi avant de rentrer dans sa maison, afin de se purifier et de chasser les mauvais esprits. Motoi Yamamoto croit que le sel a le pouvoir de guérir la douleur liée au deuil.

Une 1ère vidéo pour un survol rapide de ses installations de sel :

 

Dans la 2eme vidéo le façonnage de son exposition est filmé en accéléré, cliquez sur le lien suivant :

 

Dans la 3eme vidéo (en anglais) il est filmé dans les vastes plaines salées de l’Utah où il explique comment le sel lui permet de faire le lien entre la mort et la vie.

 

Dans la 4eme vidéo, pour clore son exposition, il demande aux visiteurs de prélever un peu de sel de son œuvre et de le jeter à la mer. (« Return to Sea »)

 

« La forme de l’œuvre disparaît. Mais ce sel dissout dans l’eau de mer supportera la vie de nombreux être vivants. Il y aura ainsi une possibilité pour le retrouver dans ce que nous mangeons, ou de le réutiliser un jour comme matériau de mon travail » déclare Motoi Yamamoto.

La boucle est ainsi bouclée et on comprend mieux comment le sel, composé inerte, réintègre le cycle de la vie.

Quand on dit que « l’art est un supplément d’âme »…

Aussi, comment ne pas faire le parallèle avec les mandalas que réalisent les moines tibétains qui ont perçu et accepté comme compréhension depuis longtemps le caractère éphémère de la vie. Pour voir la confection d’un mandala tibétain : ici.

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Motoi Yamamoto, Exposition au Halsey Institute of Contemporary Art à Charleston.

S. Ladic

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3 Responses »

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