En quoi Facebook est un outil pédagogique

En quoi Facebook est un outil pédagogique

Facebook En quoi Facebook est un outil pédagogique

Je vous présente aujourd’hui Facebook en tant qu’outil pédagogique. Ce post récapitule quelques points clé : une définition de Facebook, quel contenu l’enseignant peut partager, les avantages à en tirer, les écueils et le partage de la pratique que j’en fais… Et de quoi aller plus loin.

Facebook qu’est-ce que c’est?

Pour une rapide définition : Facebook est un réseau social qui permet aux membres inscrits de publier des informations et de les partager avec ses contacts appelés «ami».

Sa vocation première était réservée aux universitaires d’Harvard. Par la suite ce réseau a été ouvert et bénéficie de plus de 900 milliards utilisateurs en 2012, au niveau mondial. Vous constaterez que ces chiffres sont étourdissants, à tel point que son fondateur M.Zuckerberg a vu entrer le terme dans le dictionnaire anglais Collins.

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Pourquoi utiliser Facebook ?

Ces chiffresmontrent bien l’impact d’un tel réseau social et à étudier la population des quelques 700 élèves que je côtoie chaque année, il m’a paru une évidence de l’utiliser, comme tout le monde si je puis dire.

J’avais au départ une idée plutôt négative sur la question. Je pensais que Facebook équivalait à déballer sa vie personnelle au grand public. Mais, je manquais de connaissances du système. Aussi je suis allée voir qu’est-ce qui créait un tel engouement chez mes élèves. J’ai commencé par un compte personnel en y invitant mes amis et j’ai appris à m’en servir. Puis, quand j’ai créé mon premier blog, ce réseau s’est imposé de lui-même afin de partager les articles et les informations que j’écrivais pour les élèves. Je n’ai eu qu’à leur communiquer que j’avais ouvert un compte Facebook du même nom que mon blog, et j’ai vu ma liste d’ « amis » augmenter sans avoir le moindre effort à faire. En effet, la majeure partie de mes contacts sont des invitations auxquelles j’ai répondu.

Dans les mœurs de nos élèves

Je me suis rapidement rendue à l’évidence qu’ils utilisaient pratiquement tous ce réseau. Il fait parti de leurs mœurs et ils y mettent beaucoup d’énergie, partageant des moments de vie, leurs découvertes sur Internet.

Facile d’utilisation

A ce niveau-là, il n’y a aucun tutoriel à réaliser, nos élèves manipulent relativement aisément les fonctions et sont à l’aise avec l’interface. J’ajoute tout de même un bémol sur lequel je reviendrai plus bas relatif aux droits et à la protection.

On y met quoi?

· Vous pouvez proposer aux élèves des ressources supplémentairesrelatives aux cours ou à l’actualité de la classe.

· Vous pouvez publier des vidéos, ce qui peut être intéressant si vous n’avez pas le temps ou les moyens techniques de les diffuser pendant les cours. La vidéo est un support facile à visionner sur Facebook et parfois plus ludique dans la tête de celui qui apprend.

· Pouvez publier des images. Dans le cas d’un enseignant en arts plastiques c’est une véritable aubaine. Car nous savons que pour ancrer une véritable culture artistique, il faut visionner un ensemble de références plusieurs fois, voir et revoir jusqu’à l’étincelle dans l’œil d’un élève qui « reconnaît » un tableau déjà vu auparavant. La culture prend alors du sens pour eux, ils se sentent au moins démunis.

· Vous pouvez constituer des albums thématiques. Ce peut être sur une période de l’histoire, sur un artiste, sur une notion…

· Vous pouvez y poser des questions. En fonction de l’émulation de votre groupe et de vos questions et réponses pourront être intéressantes. Le débat s’installe de lui-même et chacun argumente à sa manière. Une bonne manière d’aiguiser leur esprit critique, de les former à l’art du débat et de favoriser une prise de position.

· Vous pouvez faire des sondagessur un point précis.

· Vous prouvez partager des liens vers des pages informatives.

· Vous pouvez aussi vous en servir pour vos projets pédagogiques. Chacun pourra échanger au fur et à mesure de l’avancement du projet.

· Vous pouvez commenter, corriger, recentrer, étayé, rediriger

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Pour l’enseignant

· Pour l’enseignant, il faut considérer Facebook comme un outil pédagogiqueet non une fin en soi.

· Vous pouvez globaliserles informations ou bien traiter des points à titre individuel.

· C’est une véritable opportunité pour les débats, faire réagir et faciliter le choix d’un positionnement.

· La relationqui s’établit est plus décontractée puisqu’elle se situe sur le temps assimilé aux loisirs des élèves et de l’enseignant (dans la mesure où vous ne l’utilisez pas en cours). Vous passerez au pire pour un « prof branché ».

· Certains enseignants l’utilisent au sein même de leur classe. Vous pouvez consulter à ce propos le travail réalisé par une enseignante documentaliste : ici

· Education aux médias : Précisons que si Facebook est gratuit il n’en n’est pas moins un logiciel à vocation commerciale. On y trouve beaucoup de publicités, ce qui est contraire à un outil pédagogique. Il ne tient qu’à vous éducateur d’en proposer une lecture plus distanciée et moins naïve.

· Vous devrez aborder les questions de protection des données personnelles, les droits sur les contenus diffusés et l’aspect pas si privé que ça de Facebook.

· Protection de la vie privée : Si vous hésitez à cause du respect de votre vie privée, et que vous ne désirez pas que vos informations personnelles soient accessibles, sachez qu’il existe des moyens simples de communiquer avec les élèves, sans mettre en danger la confidentialité de ses informations personnelles. La solution la plus simple que j’ai trouvé reste de créer un deuxième profil sur lequel l’enseignant ne partage que des informations relatives aux cours et pourra donc accepter ses élèves comme « amis ». Il est conseillé d’y remplacer sa photo de profil par un avatar et de choisir l’option « Ne pas afficher ma date de naissance sur mon profil » dans les informations de base.

Certains de mes collègues créent un compte commun à leur disciplineavec un mot de passe commun et entrent des informations au gré de leurs humeurs ou nécessités.

La création d’un deuxième profil n’est pas obligatoire, en réglant les paramètres de sécurité on peut restreindre ou autoriser l’accès aux informations personnelles en fonction des contacts. Facebook dispose d’une fonction permettant de classer les amis dans des listes et de leur attribuer différents droits d’accès.

· Vous pouvez aussi « créer une page » Facebook avec une classe ou plusieurs. L’avantage d’une page Facebook tient au fait que le contenu publié sur celle-ci apparaît dans le fil d’actualité des fans de la page en l’occurrence celui des élèves.

· Profitez-en pour valider les compétences numériques, celles de votre matière et celles du B2i.

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Pour l’élève

· En arts plastiques Facebook permet un ancrage, une diffusion de la culture artistique. L’art est communément accepté sur le réseau est partagé.

· La relation élèves – enseignant est différente, d’avantage basée sur un partage et plus décontractée puisqu’elle se situe sur le temps assimilé aux loisirs des élèves et de l’enseignant.

· Tout le monde à la parole et peut commenter à sa guise. Durant les cours n’avons malheureusement pas le temps de donner la parole à tous sur des séquences de 55 minutes.

Les écueils de Facebook dans la pédagogie

· La distanciation entre la vie privée et le travail: il est difficile de scinder les deux si vous n’utilisez pas cet outil pendant les cours. Pour ma part, la diffusion d’éléments artistiques se fait au gré de mes recherches sur la toile. La majeure partie du temps, un clic suffit sur le logo « J’aime’ de Facebook de la page informative que vous voulez diffuser. Le lien s’installe automatiquement dans votre Facebook connecté.

· Selon votre mode d’utilisation, cela peut devenir rapidement une activité bénévole chronophage. Il ne tient qu’à vous d’en gérer la fréquence et d’assouplir son utilisation.

· Le choix d’un cadre rigoureux : Pour certains, ce genre de dispositif suppose de cadrer rigoureusement les élèves (souvent au moyen d’une charte) et d’être souvent disponible, y compris le soir, pour corriger les fautes, donner les instructions, rappeler à l’ordre et vérifier le contenu du blog. Personnellement je n’utilise pas ce réseau dans cette optique. Ceci n’engage que moi, puisque c’est au-delà temps de travail. Je me place juste en diffuseur d’images que je juge d’intérêt artistique.

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Mon expérience

· Cela me permet de garder le contact avec d’anciens élèves.

· Ne pas se mêler de leur vie d’adolescents : la mission que je me donne concerne que la propagation de l’artistique sous toutes ses formes.

· Une certaine acceptation des fautes d’orthographe, des manières de parler et d’écrire : Sauf exigence personnelle qui à mon avis bride l’expression, il me semble important d’accepter le jargon des élèves. Après tout c’est nous qui venons un peu sur leur terrain de jeu, donc à jouer les rabat-joies, on risque d’y perdre l’aspect humain et décontracté d’un tel réseau s’il est mis en place. C’est le seul endroit où je ne corrige pas les fautes. Mon but étant essentiellement de favoriser la culture artistique par les yeux, le ressenti et la spontanéité. Je reprends ma casquette de bon prof correcteur dès que je suis en cours, et les élèves ont vite fait la part des choses.

· Informer, prévenir, intervenir : Je n’interviens jamais dans les discussions privées de mes élèves ; et pour être honnête elles ne m’intéressent pas. Cependant je garde toujours un œil protecteur pour qu’il ne leur arrive rien. J’informe en début d’année de l’âge limite de 13 ans pour utiliser Facebook et des risques qu’il y a à y mettre n’importe quoi et à ne pas protéger son compte du grand public. Nous en discutons simplement.

· Quant aux faits relatés concernant les injures entre élèves sur Facebook et règlements de compteà l’entrée ou à la sortie de l’école qui s’ensuivent, je ne pense pas que Facebook soit responsable des disputes entre camarades. Elles ont eu lieu de tout temps quelques soient les réseaux sociaux en place.

· Ma limite est tout de même très tranchée : les raisons qui pourraient me faire intervenir au delà d’un rôle de diffuseur de culture sont les cas de pornographie, les risques de pédophilie, et de violence. Je n’ai à ce jour jamais eu à intervenir.

· Liberté de participation : Je n’impose aucunement l’inscription sur Facebook de mes élèves, bien au contraire. Ma pratique durant 15 ans en Zone d’Education Prioritaire a été riche d’apprentissages, notamment en termes de proximité relationnelle avec mes élèves. Ce réseau s’est imposé de lui-même, et ce sont mes élèves qui la plupart du temps m’invitent à devenir leur « ami » sur Facebook. Ils se sont vite fait passer le mot que « la prof d’arts plastiques met des images délirantes et des articles étonnants et ne se mêle pas de ce qui ne la regarde pas. » Il est vrai que la représentation d’un enseignant d’art est quelque peu différente de celle d’un enseignant de mathématique en général. Si ce statut que nous confèrent les élèves est là, autant en profiter et s’appuyer dessus pour assoir notre charisme culturel.

· Individualité : Il m’arrive parfois d’envoyer de façon très ciblée à un élève un document ou un lien internet. En effet une discussion à la fin d’un cours, une recherche spécifique peut me faire penser au gré de mes pérégrinations sur la toile à cet élève. Il est très facile et rapide de faire passer l’information soit de manière privée soit sur son mur pour compléter ce qui l’interpelle.

Conclusion

Vous comprendrez que j’ai choisi une certaine souplesse dans mes échanges sur Facebook avec mes élèves. Je n’y mélange pas la vie privée et l’objectif d’une large diffusion de la culture artistique. C’est une position que j’assume même si elle peut être décriée par certains.

De là à institutionnaliser un tel réseau au niveau de notre enseignement, ce me semble exagéré. Facebook reste un outil de communication qui permet d’enseigner autrement, de façon un peu plus ludique. Si le cadre venait à devenir plus fixe voire rigide, les élèves le prendraient pour une intrusion dans leur vie privée d’une part et encore une contrainte supplémentaire vis à vis de leurs études.

Je reste adepte d’une certaine souplesse quant à sa forme, la régularité des publications et des réponses. Après tout, tout cela se passe sur notre temps libre et notre bonne volonté.

Que vous soyez ou pas sur Facebook en tant qu’enseignant n’empêchera pas la majorité de nos élèves d’y posséder un compte. Alors autant y être et proposer une lecture plus informée et critique de ce système. C’est en allant chercher nos élèves où ils sont que l’on peut par la suite les aider à franchir des paliers.

En conclusion, Facebook me semble adapté à mon métier d’éducation à la culture artistique, et à la formation des compétences numériques à acquérir pour le socle commun des connaissances au collège.

Je suis consciente que ma position peut susciter des réactions. Ne vous privez pas de laisser vos commentaires afin d’éclairer la démarche des autres.

Pour en savoir plus : voir la page de l’académie de Poitiers : “ L’identité numérique ou “on me suit à la trace sur le web…””. C’est ici : http://ww2.ac-poitiers.fr/doc/spip.php?article271

S. Ladic – e-cours-arts-plastiques.com

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