Echelle des plans – cadrages – De quoi s’y retrouver

Echelle des plans – cadrages – De quoi s’y retrouver
Echelle des plans – cadrages – De quoi s’y retrouver

Une des clés lorsque l’on étudie ou que l’on construit une image, c’est l’organisation des éléments proposée dans un cadre. Que ce soit le cadre du tableau, celui de la vignette de bandes dessinées ou celui de l’écran cinématographique les personnages, les objets ou le décor prennent des proportions significatives. L’exposé suivant vous propose une explication de ce que l’on appelle échelle des plans en images, ses différents niveaux et leur signification, une planche synthétique et une carte à remplir pour les élèves. .

Les images sont organisées en plans. Le plan est la portion d’image représenté dans chaque case.

L’échelle des plans correspond à la taille des personnages, objets ou éléments de décor présents dans l’image et leur rapport entre eux. Elle ne dépend pas de l’agrandissement de l’image mais traduit un rapport de proportion entre le sujet et le cadre. Les deux peuvent être équivalents mais la plupart du temps, l’un prend le pas sur l’autre.

Ainsi, selon la place qu’occupe le sujet ou le décor, sachant qu’un peu s’absenter au profit de l’autre, on pourra faire dire à l’image des choses différentes. Tout dépend du sens de la scène, chaque plan a sa valeur.

La notion d’échelle des plans permet de classifier les images à partir de deux données essentielles : d’une part la place prise par le personnage dans le cadre, d’autre part la place prise par le décor dans le cadre.

Ainsi, quand on cadre un personnage, plus on s’approche de lui pour arriver à un gros plan, moins on laisse d’espace dans le cadre pour le décor. Parfois le décor disparaît totalement. Dans le cas contraire, plus on s’éloigne d’un personnage pour arriver à un plan d’ensemble, plus on laisse de place au décor, plus le personnage a tendance à disparaître dans ce décor.
On peut accomplir cette activité en interaction avec les élèves en les amenant à tirer les conclusions par eux-mêmes.

L’échelle des plans comprend un certain nombre de niveaux mais nous n’allons insister que sur quelques-uns, les plus courants, les plus faciles à caractériser.

On repère les différents plans par rapport à l’espace qu’ils laissent autour d’un personnage :

Plan général

Il permet de situer où se déroule l’action. (En cinéma ou vidéo, il doit durer assez longtemps pour que le spectateur puisse avoir assez de repères pour assimiler les informations que le réalisateur a voulu donner : comme indiquer une situation géographique dans laquelle l’action va évoluer par la suite, un groupe de personnes…)

Plan général Into the wild de Sean Penn

Plan général dans Into the wild de Sean Penn

Le plan d’ensemble

Le plan d’ensemble est très proche du plan général. Deux différences assez fréquentes : Il va se focaliser sur un lieu comme une rue ou une place et surtout les personnages seront suffisamment visibles pour que l’on comprenne leurs actions. Le contexte est cette fois-ci décrit à échelle humaine. Il permet donc de situer l’action mais en centrant l’attention sur un ou des personnages. Ces derniers peuvent être en mouvement.

On prend la totalité du décor et des personnages qui s’y trouvent. Les plans d’ensemble sont souvent utilisés comme introduction ou comme conclusion d’un film, reportage… car ils permettent de situer le cadre de l’œuvre.

Plan d’ensemble Le seigneur des anneaux – Le retour du roi de Peter Jackson

Plan d’ensemble dans Le seigneur des anneaux – Le retour du roi de Peter Jackson

Plan moyen ou Plan pied

Il cadre un ou plusieurs personnages en pied. Il concentre l’attention du spectateur sur le ou les personnages, éventuellement dans un espace qui les situe.

Braveheart Mel Gibson

Braveheart – Mel Gibson

Le Plan moyen ou Plan pied, cadre le personnage en entier, il faut veiller à laisser de la marge au dessus et en dessous de l’acteur.

Le voleur de Bagdad, Réalisateurs Ludwig Berger, Michael Powell, Tim Whelan

Le voleur de Bagdad, Réalisateurs : Ludwig Berger, Michael Powell, Tim Whelan

Le plan américain

, cadre le personnage à mi-cuisse (en dessous des poches de révolver). Il rapproche encore davantage le spectateur des personnages. Il est nommé ainsi car c’est le plan typique des films américains des années 1930 et 1940. Ce type de plan permet également de montrer plusieurs personnages lors d’un dialogue sans nécessiter de modifier la position de la caméra.

Plan américain Le bon, la brute et le truand de Sergio Leone

Plan américain dans Le bon, la brute et le truand de Sergio Leone

 

Plan américain dans Le bon, la brute et le truand de Sergio Leone

Le plan italien

c’est un plan montrant un personnage jusqu’au genoux.

plan italien la mort aux trousses d’Alfred Hitchcock 1959

plan italien : la mort aux trousses d’Alfred Hitchcock 1959

Plan rapproché taille

Ce plan cadre les personnages à la ceinture et montre principalement ce qu’ils disent et font sans pour autant attirer exagérément l’attention sur un détail précis de leur jeu. Il place les acteurs à la distance qui sépare les interlocuteurs d’une conversation, il accentue l’intimité, permet de lire les réactions psychologiques, le jeu du visage et des épaules. La durée de ce plan est en fonction du dialogue et de l’action en cours.

Atonement ou Expiation dans la version québécoise, Réalisateur Joe Wright

Atonement ou Expiation dans la version québécoise, Réalisateur : Joe Wright

Plan rapproché poitrine

Il a les mêmes fonctions que le plan rapproché taille, en accentuant un peu plus les traits du visage du personnage. C’est, par excellence, le plan du journaliste derrière son bureau. La durée – souvent importante – de cette valeur de plan est liée au dialogue.

Plan rapproché poitrine

Plan rapproché poitrine

 

Plan rapproché poitrine In the Mood for Love de Wong Kar-wai

Plan rapproché poitrine In the Mood for Love de Wong Kar-wai

Le gros plan

, cadre le personnage sous les aisselles ou isole un objet. On ne voit qu’une partie d’un personnage sur laquelle on veut attirer l’attention. Il permet de lire directement la vie intérieure d’un personnage, ses émotions, ses réactions les plus intimes. C’est le plan de l’analyse psychologique.

Gros plan dans Magnolia de P.T. Anderson

Gros plan dans Magnolia de P.T. Anderson

Le très gros plan

Il cadre un détail qui doit être mis en valeur. Il montre un seul objet, un détail du visage, par exemple. Généralement très bref, il sert la progression du récit ou du suspense en attirant l’attention sur un détail dramatiquement frappant.

Très gros plan

Très gros plan

 

La plongée :

vue de dessus. Ce plan donne un sentiment de domination.

Plan en plongé The Truman Show réalisé par Peter Weir

Plan en plongé The Truman Show réalisé par Peter Weir

 

 

Plongée, Inglorious Basterds réalisé par Quentin Tarantino

Plongée, Inglorious Basterds réalisé par Quentin Tarantino

La contre plongée : vue de dessous. On se sent écrasé, dominé par la scène. Ce plan donne un sentiment de vulnérabilité.

Contre plongée, Pulp Fiction, Quentin Tarantino

Contre plongée, Pulp Fiction, Quentin Tarantino

 

Certains cinéastes, tels que Wes Anderson, aiment à « baisser les yeux », multipliant les plans subjectifs en plongée dans leurs films pour dire l’isolement et la mélancolie de leurs anti-héros. D’autres, tels que Quentin Tarantino, ont la manie inverse, préférant toiser leurs personnages d’en dessous, en contre-plongée. En résulte, chez le réalisateur de Pulp Fiction, un effet de sublimation de ses personnages, qui paraissent plus grands que nature et imposent ainsi au spectateur leur tchatche toute-puissante – un peu à la manière des rappeurs, systématiquement shootés en contre-plongée dans les clips.

 

Contre plongée, MANTEGNA Andrea

Contre plongée, MANTEGNA Andrea

 

MANTEGNA Andrea (c.1431-1506), Mantoue, Palais ducal, Castello San Giorgio, fresques de la Chambre des Époux (Gonzague), et détail du du faux oculus de la voûte, vers 1465-1474

 

Hors champ :

ce qui est en dehors de l’image et qui n’est pas visible.

L’utilisation du hors-champ rajoute une dimension spatiale : le spectateur comprend que la scène se déroule au-delà du cadrage. Il ajoute au pouvoir narratif de l’image.

hors-champ

Hors champ

 

Hors-champ_Jacques-Tardi_120-rue-de-la-Gare

Hors champ Jacques Tardi, 120 rue de la Gare

Jacques Tardi, 120 rue de la Gare

Ci-dessus, deux hors-champ perceptibles : à gauche, l’escalier d’où arrive le policier, à droite une pièce dans laquelle on imagine un personnage (suggéré par la bulle) agonisant suite à un assassinat, (suggéré par les taches de sang) dans le champ).

Hors-champ-Alfred-Hitchcock-Fenêtre-sur-cour

Hors champ Alfred Hitchcock, Fenêtre sur cour

Alfred Hitchcock, Fenêtre sur cour

Le hors-champ peut susciter chez le spectateur des émotions très fortes (le suspense, la peur, l’angoisse…).

Champ : étendue embrasée de l’œil ou de l’objectif. Ce qui est cadré, visible. (Vocabulaire de la photographie)

Le champ est la portion d’espace réel, délimitée par le cadrage, qui est vu dans l’image. Le champ s’oppose au hors champ.

Cadrer, c’est organiser l’espace à l’intérieur du cadre : le champ. C’est aussi suggérer ce qui est en dehors du cadre : le hors-champ.

hors-champ

Hors champ

 

Dans cette scène de M le Maudit de Fritz Lang, la petite fille est dans le champ. Un personnage à chapeau, situé hors-champ, est fortement suggéré par son ombre, ainsi que par le regard de la fillette.

Contre-champ :

prise de vue opposée à la première.

Ces deux cadrages sont employés dans le cas de dialogue.

champ Quantum of Solace de Marc Forster

champ, Quantum of Solace de Marc Forster

contre champ Quantum of Solace de Marc Forster

Contre champ, Quantum of Solace de Marc Forster

 

Quantum of Solace de Marc Forster

Champ Isabelle Huppert et Jacques Dutronc dans Merci pour le chocolat

Champ Isabelle Huppert et Jacques Dutronc dans Merci pour le chocolat

contre-champ Isabelle Huppert et Jacques Dutronc dans Merci pour le chocolat

contre-champ Isabelle Huppert et Jacques Dutronc dans Merci pour le chocolat

 

Champ et contre-champ Isabelle Huppert et Jacques Dutronc dans Merci pour le chocolat

Panoramique : plan large de tout le panorama.

· Pour le cinéma, un panoramique est un mouvement de caméra.

· Pour la photographie, un panoramique est un format de photographie en largaur avec une faible hauteur. (à ne pas confondre avec le cliché radiographique du même nom et que l’on fait chez son dentiste).

Panoramique

Panoramique

 

 

En résumé

Echelle-des-plans-S.Ladic_e-cours-arts-plastiques.com

Echelle des plans – S.Ladic_e-cours-arts-plastiques.com

 

 

à vous de jouer !

Carte à remplir par les élèves :

Echelle-des-plans-2-S.Ladic_e-cours-arts-plastiques.com

Echelle-des-plans-2-S.Ladic_e-cours-arts-plastiques.com

 

Sources

S. Ladic 2015 Arts plastiques –

 

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20 Responses »

    • Bonjour Hervé, mon hébergeur est OVH. Je vois que tu vas te lancer dans la constitution d’un site. WordPress permet d’être libre de ton contenu; (j’ai acheté le nom de domaine) contrairement à certain site qui parasitent tes pages de publicité car ils sont gratuits. Il est un peu plus compliqué à mettre en place mais avec un bon professeur… Bonne continuation !
      Mes amitiés.

  1. Bonjour Sylvia,
    Ton site est toujours aussi intéressant et je t’en remercie. En revanche je me permets de te signaler une petite erreur concernant l’exemple du plan moyen . Il s’agit de « Braveheart » de Mel Gibson et non « Kill Bill » de Tarantino. A bientôt
    Cordialement

    Valérie

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  12. Bonjour. Très bel article et super bien illustré. Cependant, ayant été assistante de réalisation, avant de reprendre ce métier de professeur d’arts plastiques, j’ai utilisé, dans le cadre de mon métier de technicienne des termes différents : le plan d’ensemble désigne des personnages vus en pied (ce que vous appelez « plan moyen »). Et l’on désignait plan moyen ce que vous appelez « plan rapproché ». Le plan rapproché ne désignait pas nécessairement une valeur précise de plan (« On se rapproche », disait le réalisateur) mais désignait effectivement un plan relativement serré tel que vous le décrivez.Ce n’est pas bien grave, l’important étant de se mettre d’accord sur un vocabulaire commun.

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