Analyse d’oeuvre : Les expulsés d’Ernest Pignon Ernest

Analyse d’oeuvre : Les expulsés d’Ernest Pignon Ernest
Analyse d’oeuvre : Les expulsés d’Ernest Pignon Ernest

L’intérêt d’aborder l’œuvre « Les expulsés » d’Ernest Pignon Ernest en histoire des arts ne fait aucun doute. Son impact sur le public en lien avec le contexte du moment à Paris l’inscrivent dans une perspective historique ; un fait marquant de l’actualité. Mais comment un simple dessin marouflé sur la façade d’un immeuble peut-il susciter autant de questions ?

Vous trouverez une analyse de l’œuvre partant de recherche : sur l’artiste, son courant d’appartenance, le contexte historique et une description physique. L’ensemble de ses recherches nous amèneront à analyser et interpréter cette proposition artistique d’Ernest Pignon Ernest, un artiste actuel.

Il manque parfois une problématique dans la mise en place de l’histoire des arts au collège. Vous aurez quelques pistes qui permettront à chacun de prendre du recul sur l’œuvre et de la comprendre dans un processus plus global et artistique.

Il reste à préciser pour les élèves adeptes du « prêt à penser » que lors de l’oral du brevet des collèges, il est demandé au candidat une forme de recul sur l’œuvre, une réflexion personnelle et non un copié collé d’une analyse dont on ne comprend pas le sens. Certaines questions vous seront donc posées, à vous d’y répondre avec pertinence et personnalité. Montrez que vous comprenez l’impact de l’œuvre, son intérêt. Portez des critiques constructives, réfléchissez, comparez…

Nom de l’œuvre : « Les expulsés »

Période historique : XXe siècle

Domaines artistiques : Arts du visuel et Arts de l’espace

Thématiques possibles : Arts, espace, temps et Art, Etats et pouvoir

Problématiques possibles :

· N° 1 : En quoi l’art se met-il au service de la mémoire ?

· N° 2 : Comment l’art s’inscrit-il dans la vie de la cité ?

· N° 3 : Comment l’art peut-il être un acte engagé ?

Images de l’œuvre :

 

Les expulses E. Pignon Ernest

Les expulses E. Pignon Ernest

Les expulses E. Pignon Ernest 2

Ernest_Pignon_Ernest_les_expulses_1979

Présentation générale

Nature de L’œuvre : Sérigraphie in situ éphémère (voir le vocabulaire en fin d’article)

Artistes : Ernest Pignon Ernest

Date de création –lieu : Cette œuvre éphémère date de 1977/79, il n’en reste que des traces photographiques. Elle se situait sur la façade restante d’un immeuble voué à la démolition, à Paris.

Avant d’aller plus loin, commencer par répondre à cette question :

Quelles sont vos 1eres impressions ?

Il est important de commencer à observer, décortiquer l’oeuvre que l’on voit, tous les éléments qui vous viennent à l’esprit à première vue, sans censure. Jouez le jeu et prenez un instant pour noter…

Eléments de recherche

Contexte géographique

Cadre géographique ? Evènements marquants ? Eléments d’inspiration…

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Cette sérigraphie se trouvait à Paris, en France dans le quartier de Montparnasse, 14e arrondissement.

Repérage chronologique

Repérage de l’œuvre et des évènements historiques proches

  • · La révolution industrielle au 19ème siècle a amené de nouvelles techniques et connaissances, dont la photographie, qui ont remis en cause la façon de considérer les images.
  • · A partir des années 1960, l’art s’est rapproché de la vie et du public, et occupe l’espace réel. On trouve de nouvelles manières de concevoir les œuvres qui sont réalisées en fonction du lieu dans lequel elles sont vues (in situ). Ces créations sont temporaires, éphémères; on ne peut en conserver que les traces à travers des photographies ou des vidéos (d’où l’importance des progrès industriels).
  • · 1973 : Le micro-ordinateur fait son apparition pour un usage domestique.
  • · 1974 : En France, Valéry Giscard d’Estaing succède à la présidence de la république à Georges Pompidou, décédé le 19 mai.
  • · 7 janvier 1976 : le congrès du Parti communiste français abandonne la notion de dictature du prolétariat.
  • · 31 janvier 1977 : inauguration du Centre national d’art et de culture Georges Pompidou, rue Beaubourg à Paris.
  • · 25 mars 1977 : Jacques Chirac est élu maire de Paris
  • · 1977-1978 : réalisation de l’œuvre « les expulsés » par Ernest Pignon-Ernest
  • · 10 septembre 1977 : dernière exécution à la guillotine.
  • · 3 Novembre 1977 : Le gouvernement annonce des mesures contre l’inflation
  • · 1979 : (mai) première élection du parlement européen.
  • · 1979 : 1er lancement de la fusée Ariane.

Vie de l’artiste Ernest Pignon Ernest

Ernest Pignon Ernest
© Image et compagnie

Ernest Pignon-Ernest est un artiste plasticien engagé, né en 1942 à Nice.

Il est un des initiateurs, avec Daniel Buren et Gérard Zlotykam, de l’Art Urbain ou Street Art en France.

Enfant, il est expulsé de chez lui, à Nice. Dès 1957, il travaille chez un architecte et développe sa pratique du dessin. Mobilisé en 1961-1962 pour la guerre d’Algérie, il commence à dessiner avec du brou de noix. Il s’attaque à la peinture grand-format à partir de 1966. Il a aussi beaucoup travaillé pour le théâtre et en a gardé le sens de la mise en scène.

Ernest Pignon-Ernest travaille sur la mémoire pour « Ne pas faire table rase du passé ».

Ses sérigraphies qui s’affichent sur les murs des villes du monde, sont mises en scène dans un espace public précis (installations In situ), jouent avec la perception du passant, puis disparaissent progressivement sous les effets de la pluie, du vent, du temps (affichage éphémère).

Il a été membre du Parti communiste français et parmi les fondateurs, en 1977, du Syndicat national des artistes plasticiens CGT.

Sensible aux injustices, il traite des thèmes comme l’avortement (Tours, Nice, Paris, 1975) les expulsés (Paris, 1979), et le sida (Soweto, 2002).

Anecdote : Il aurait doublé son prénom après son nom afin de ne pas être confondu avec Edouard Pignon, un autre artiste plasticien de sa génération.

Depuis 1966, il expose chaque année ses œuvres nouvelles dans le cadre d’expositions personnelles dans la rue ou dans les musées européens.

Principaux temps forts et dates: 1978, Rimbaud, Paris Charleville. 1980, « accrochage » à Beaubourg. 1984, « Les Arbrorigènes ». 1988, début des « interventions » à Naples. 1997, « Tête à tête », Antonin Artaud, Paris. Ernest Pignon-Ernest a en outre dessiné le rideau de scène de l’Opéra de Monaco.

Contexte historique de création

Enfant, Ernest Pignon-Ernest a été lui-même expulsé de chez lui, avec ses parents, alors qu’ils vivaient à Nice. Ceci pourrait expliquer l’intérêt qu’il porte aux expulsés. Sensibilisé par la cause, il réagit à la nouvelle politique de la mairie Parisienne en exposant dans la ville. En effet, durant la période des années 1970-1980, un grand nombre de quartiers parisiens sont réhabilités. Le mur de l’immeuble sur lequel l’artiste à marouflé « Les expulsés » est situé dans le quartier de Montparnasse ; quartier qui fut touché par le projet de réhabilitation. A ce moment, des habitants sont expulsés en masse et leurs logements sont détruits selon la décision de la mairie. Ainsi Ernest-Pignon Ernest met en scène des personnages qui sont en partance. A ce moment le président était Valéry Giscard D’Estaing, et Jacques Chirac est élu maire de Paris.

Il a milité au parti communiste pour dénoncer l’exclusion. Pour ces raisons, ainsi qu’à cause de sa hantise des bombardements, il se lance dans une série d’œuvres dédiées à cette conjoncture qu’il appelle « Les Expulsés».

Caractéristiques du travail d’Ernest Pignon Ernest

Il est l’un des initiateurs, du Street Art en France et montre une démarche de travail engagée, militante.

L’engagement d’Ernest Pignon Ernest

Après son intervention contre le jumelage de Nice avec Le Cap en 1974, Ernest Pignon-Ernest a joué un rôle important dans la campagne Artistes du monde contre l’Apartheid Il a ainsi, depuis plus de vingt ans, gardé des liens étroits avec l’Afrique du Sud. Parti en 2001 pour Johannesburg avec l’intention d’y mener un projet sur le caractère multiculturel du pays, il a été amené à changer de thème en découvrant sur place la gravité de la pandémie de sida et en écoutant les sollicitations des organisations qui luttent contre l’hécatombe annoncée. Après de nombreuses rencontres dans les hôpitaux, les dispensaires, les crèches et en liaison avec les associations, Pignon-Ernest a élaboré une image faisant un parallèle entre la lutte contre le sida et celle contre l’apartheid, en se référant à la photographie de Sam Nzima représentant un homme portant le corps d’Hector Pieterson, un écolier tué pendant les émeutes de Soweto. Sérigraphiée sur place à plusieurs centaines d’exemplaires, il l’a collée, accompagné des habitants, sur les murs des quartiers particulièrement touchés de Warwick à Durban et de Kliptown à Soweto.

Nagasaki et Hiroshima sauront aussi le toucher.

Son engagement est aussi palpable quant il réalise la fresque à la Villeneuve de Grenoble sur la bourse du travail en collant des affiches du mouvement ouvrier local.

Il appose ses dessins sérigraphiés sur du papier fragile, sur les murs des cités, sur les cabines téléphoniques aussi.

Ses marouflages se fondent dans l’architecture urbaine et finissent par faire partie de la vie de la cité. Intégrés dans le paysage, la population les accepte et vont même jusqu’à les protéger de la dégradation.

« L’œuvre c’est l’intervention de mes dessins dans la rue ».

Œuvres éphémères, elles ne sont pas signées, il arrive même qu’un passant se l’approprie. Tout le monde pourrait avoir Pignon-Ernest chez lui ; pas de musée, une fusion entre l’art et la vie.

Les témoignages photographiques permettent de conserver la mémoire de l’évènement.

Ernest Pignon-Ernest peut sembler s’opposer par sa démarche à l’art pensé pour les musées et les galeries d’exposition, mais il ne s’empêche pas d’y exposer, respectant toujours cette intention de fusion entre l’art et le lieu.

image

Il décrit lui-même son œuvre comme une manière de saisir l’essence d’un lieu. Il puise dans l’histoire du lieu, dans son histoire, mais aussi dans sa lumière, son espace. Puis, il vient y inscrire une image élaborée dans son atelier. Cette image est en général le dessin d’une représentation humaine à l’échelle 1, et reproduite par la technique de la sérigraphie. Pignon-Ernest installe lui-même son œuvre dans la ville, durant la nuit.

Nourri par un héritage culturel mêlant chrétien et païen, il n’hésite pas à s’inspirer et à citer les œuvres de Le Caravage (comme lors de son travail dans les rues de Naples).

Ses sérigraphies porteuses de mémoire, s’affichent sur les murs des villes du monde, et peuvent être considérés comme des « mises en scène » pour un espace public précis. Elles jouent alors avec la perception des passants. Elles disparaissent progressivement sous les effets des intempéries.

Il donne forme à des sujets douloureux de l’histoire sociale et politique de plusieurs pays au monde. Il peut œuvrer pour les minorités, les injustices, les crimes. Il s’engage dans la beauté d’un dessin là pour rompre le silence.

Par son travail en noir et blanc, Pignon Ernest affirme qu’il évoque le fictif, mais il maintient l’effet de réalité par l’utilisation de l’échelle humaine.

Ernest Pignon Ernest ne fait pas que ça !

Entre 1983 et 1984, il réalise « Les Arborigènes » au Jardin des plantes à Paris et aussi au Musée d’Antibes, Forêt d’Uzeste… Ce sont des sculptures vivantes !

« Ce sont des figures d’hommes et de femmes en leur nudité végétative.
Ces sculptures sont des accumulations de cellules végétales mises en forme : il leur faut du soleil, de l’eau, sinon elles meurent, elles se dessèchent,se décomposent. C’est du végétal à forme humaine ».

Ces sculptures biovégétales sont réalisées à partir de mousse polyuréthanne. Constituées de cellules végétales vivantes injectées, elles poussent avec l’arbre. Elles représentent l’osmose mythique entre le végétal et l’humain, qu’incarne la figure de la Daphné du Bernin.

Les arbrorigènes de Pignon ErnestLes arbrorigènes de Pignon Ernest2

 

Les arbrorigènes de Pignon Ernest

Que sont devenus ces Arbrorigènes aujourd’hui ?

Plusieurs sont morts à Venise durant la Biennale de 1986. Je les avais installés à vingt mètres de haut. Ils n’ont pu être assez arrosés et se sont décomposés. Il en reste trois au musée Picasso d’Antibes sur la terrasse, une dizaine au Centre européen d’Action artistique contemporaine dans le parc de Pourtalès à Strasbourg, deux au Jardin des Plantes à Paris, quelques-uns en pension chez des amis…Entretien extrait de Ernest Pignon-Ernest, éditions Herscher, Paris, 1990.

Courant artistique

Ernest Pignon Ernest n’est pas à proprement dit un street artiste. En effet l’ensemble de ces oeuvres ne répond pas forcément au critères du courant du Street Art. Néanmoins il fut parmi les premiers à mettre ses oeuvres en situation, dans la rue. « Les expulsés »  font partie du courant artistique du Street Art : L’art urbain, ou Street Art, est un mouvement artistique contemporain. Il regroupe toutes les formes d’intervention artistique réalisées dans la rue, ou dans des espaces publics et à l’initiative de l’artiste lui-même. Il ne passe pas par le biais d’une institution pour intervenir plastiquement.

L’art urbain s’épanouit principalement en France depuis mai 1968 mais, le mouvement est «officialisé » au début des années 1980.

Les techniques sont variées (graffiti, pochoirs, projection vidéo, affiches, installation, origamis, tricot, scellement d’objets, mosaïques, stickers…).

Le tag en est exclu, considéré davantage comme un acte de vandalisme, et à ne pas confondre avec graffiti.

Il est majoritairement un art éphémère destiné à être vu par un grand public, qui ne passe pas forcément par la visite de musée dans le quotidien de leur mode de vie.

Bien que le Street Art ne soit pas toujours légal, sa valeur artistique est incontestable et il suscite de plus en plus d’intérêt. Et, ironie du sort, les galeristes et musées font appel aux street artistes pour réaliser des expositions !

Ernest Pignon-Ernest sait aussi mettre en scène l’humour et faire se côtoyer sur le papier les portraits célèbres de musiciens, d’écrivains ou de poètes de façon anachronique.

Compte tenu des différentes interventions de l’artiste, nous ne saurions assimiler sa démarche simplement au Street Art. Sa série « Les arbrorigènes » pourrait s’inscrire aussi dans le courant du Bio Art ainsi que dans le Land Art.

Description de l’œuvre et interprétation

Précision : Nous déciderons d’analyser autant l’œuvre que la photographie elle-même qui même si elle n’est pas considérée en tant qu’œuvre d’art, participe de la trace laissée de cet affichage in situ éphémère.

Cette œuvre est un dessin réaliste en noir et blanc sur papier, représentant deux personnages côte à côte : un homme et une femme. L’ensemble est collé à l’extérieur sur le mur restant d’un immeuble abattu. Les deux personnages portent des affaires diverses : sac, valises, matelas. Le baluchon est roulé sous le bras et le matelas suspendu au bout de la main. Ils semblent en train de partir, affaires aux bras. Leur visage est marqué par la tristesse et le poids de la vie. Le réalisme du dessin accentue l’impression que les personnages font partie du mur.

Technique(s) :

L’œuvre d’Ernest Pignon-Ernest est réalisée in situ, conçue pour un lieu donné, mettant en scène une image dans un espace, de façon éphémère et instaurant une relation avec le spectateur.

C’est une représentation de deux personnages par un dessin réaliste en noir et blanc au fusain sur papier puis reproduit par la technique de la sérigraphie, le tout marouflé sur le mur extérieur d’un immeuble en démolition. L’ensemble constitue une scénographie (car il y a une volonté de mise en scène des personnages). L’œuvre est donc in situ car elle prend sens dans le lieu pour lequel elle est conçue et où elle s’intègre.

Matériaux :

Le seul matériau qui constitue l’œuvre est le papier

Support :

Cette œuvre a été marouflée sur un mur extérieur, reste d’un immeuble abattu, dans les quartiers parisiens de Montparnasse.

Dimensions :

La taille des personnages est à l’échelle 1, autrement dit grandeur nature.

Cadrage :

– Deux photographies de l’œuvre sont proposées : une vue d’ensemble de l’immeuble plein cadre ; un plan moyen et un gros plan rapproché de la sérigraphie. Attention, pour l’artiste la photographie trahit son travail car « elle impose un cadrage, alors que toute ma démarche est bâtie sur le refus du cadre ».

Point de vue :

La prise de vue de la photographie nous positionne face à l’immeuble ; le point de vue est dit frontal.

Composition :

L’œuvre se compose de deux personnages mis côte à côte, placé en bas d’un immeuble délabré, à hauteur d’homme.

Couleur / Lumière :

L’ensemble : photographie et dessin sont en noir et blanc. La lumière est donnée par le jour. L’ensemble montre une ambiance plutôt terne, sans lumière.

Les éléments en présence donnent-ils un sens ?

Lequel ? Pourquoi ? Anecdotes ?

· Le mur est important pour la signification de l’œuvre : l’homme et la femme y sont collés par le marouflage, comme s’ils étaient ancrés à la maison, comme s’ils appartenaient à la mémoire du lieu.

· Le mur est aussi un pied de nez aux espaces conventionnels dédiés à l’art tels que musées et galeries.

· Le mur résonne avec l’histoire du lieu et apporte l’histoire aux personnages représentés.

· Les déchirures du papier rappellent le déchirement du lieu des expulsés.

· L’usage du noir et blanc apparaît là, pour ancrer l’image dans le passé ; en noir et blanc comme une vieille image de laquelle resurgit le souvenir du lieu, de leurs habitants, des moments passés dans les murs, moments d’intimité.

· Le noir et blanc participe aussi de l’atmosphère sombre, terne.

· La dégradation de l’affiche est à l’image de ces vies déracinées vouées à l’oubli. Peu à peu la mémoire s’efface, se dégrade. Le temps des souvenirs, de l’œuvre semblent contredits par la photographie qui immortalise, arrête le processus. La photographie elle-même finira bien par vieillir…

· Le matériau : le papier joue du temps de l’œuvre participant à montrer la mémoire qui s’efface progressivement.

· L’échelle de l’œuvre a aussi son importance puisqu’elle est à la taille humaine, donnant ainsi plus de réalisme au propos et permettant plus facilement une assimilation du spectateur aux personnages représentés.

· La composition : la situation des personnages à hauteur d’homme et face au spectateur accentue le réalisme.

Portée ou influence de l’œuvre

En quoi l’œuvre a-t-elle marqué son temps ?

« Les expulsés » est une œuvre marquant l’engagement d’Ernest Pignon Ernest. Elle affirme sa carrière et marque une avancée du Street Art, influençant ainsi de nombreux artistes.

Avec cette œuvre il n’y a plus de contemplation d’un tableau au musée. On ne peut pas emporter avec soi cette image collée au mur, elle appartient à tout le monde, à la rue, au temps

Peut-on la rapprocher d’autres œuvres ?

Voici quelques pistes pour comparer, à vous d’y mettre les mots : quels sont les points communs, les différences :

boltanski la maison manquante 1987

Christian BOLTANSKI : La maison manquante, septembre 1990

La maison manquante Boltanski

Christian BOLTANSKI : La maison manquante, septembre 1990, Vue plongeante

Dans cette œuvre, des plaques sur lesquelles figurent les noms de familles déportées on été placées sur le mur, à une hauteur qui empêche les spectateurs de voir les inscriptions.

Ernest Pignon-Ernest Les gisants-1971

Ernest Pignon Ernest : Les gisants de la Commune de Paris, centenaire 1971

JR et Marco Projet Face 2 Face

Le français JR et le suisse Marco : Projet Face 2 Face, mur de séparation israélo-palestinien 2007

  • · « Sur les parois de l’oubli » d’ Ernest Pignon Ernest, 1971. Un hommage aux morts de la manifestation de Charonne.
  • · Les œuvres de Banksy. C’est un artiste percutant, révolutionnaire, subversif qui manie l’ironie, l’irrévérence et l’humour. Il crée ses œuvres sur les murs de nos villes en utilisant pochoirs et bombes de peinture. Sa maîtrise de l’image, son esprit contestataire et son humour grinçant sont sa marque de fabrique.

On ne sait pas qui est Bansky. L’artiste tient à rester anonyme et refuse la célébrité. C’est une attitude qui correspond à l’esprit du graffiti et du Street Art (réaliser des œuvres incognito) et permet d’échapper à la justice. Il dénonce les injustices, la guerre, la famine et défend la liberté, la justice, les opprimés. Il crée des images-choc souvent accompagnées de slogans percutants pour faire réagir et réfléchir les passants. Il utilise l’art pour exprimer son mécontentement face à des choix politiques et des situations sociales. Cependant, ses images sont aussi empreintes d’humour, de poésie et d’espoir.

Deux œuvres connues de Bansky :

« Napalm » (1994) : La célèbre petite cambodgienne brûlée au Napalm, accompagnée par Mickey et Ronald Mc Donald : image gaie et décalée, provocatrice, crée un malaise et fait réfléchir aux atrocités de la guerre. L’univers merveilleux des personnages de BD opposé à la brutale réalité des adultes, contestation alliée à l’humour.

Napalm. Banksy

« Napalm » de Bansky inspiré par la photographie suivante

Nick Ut prise le 8 juin 1972

Nick Ut prise le 8 juin 1972

banksy le manifestant

« Le Manifestant » de Bansky

« Le Manifestant », Bethléem : symbole du manifestant opprimé qui se bat pour défendre sa cause. Il surgit, visage camouflé, dans un mouvement, à la fois agressif et bienveillant … Un bouquet remplace le pavé habituel. Un message plein d’espoir, pour faire changer une représentation établie.

Et tant d’autres….

Regard sur l’œuvre

Cet espace permet à chacun d’exprimer son ressenti, donner un avis personnel, les questions que soulèvent l’œuvre… comme celles des problématiques proposées :

En quoi l’art se met-il au service de la mémoire ?

Comment l’art s’inscrit-il dans la vie de la cité ?

Comment l’art peut-il être un acte engagé ?

Puis aussi de répondre aux questions suivantes :

Qu’est-ce que l’art engagé ? Comment l’engagement de l’artiste se traduit-il dans son œuvre ? Comment l’artiste s’implique personnellement dans son œuvre et dans son époque ? Quels liens l’espace et l’œuvre entretiennent-ils et cela a-t-il une incidence sur le sens de l’œuvre ? Dépendent-ils l’un de l’autre ?

Et puis d’ouvrir le propos vers un sujet connexe ou une question de société…

Lexique de base – mots clé

Une petite recherche de vocabulaire s’impose, en voici une liste dont la signification est à maîtriser.

Photographie / dessin / installation / dimension / espace / mémoire / temps / art éphémère / paysage / environnement / in situ / sérigraphie / spectateur / Street Art / marouflage … voir le glossaire

Sérigraphie :
1. Technique de reproduction des images utilisant un écran (soie) tendu sur un châssis. Lors du passage d’une raclette, la peinture traverse les parties non opacifiées de l’écran et se dépose sur le support (toile, papier, tissu). L’écran fonctionne alors comme un pochoir.
2. Œuvre réalisée avec cette technique, comme les séries de Marilyn d’Andy Warhol.

Sources

Si j’ai oublié quelqu’un, un petit mot et ce sera vite corrigé.

© S. Ladic 2014 – http://e-cours-arts-plastiques.com/?p=2556

L’auteur vous autorise à reproduire son travail dans la mesure où

  • vous indiquez son nom
  • la source de cet article indiquée par le lien  : http://e-cours-arts-plastiques.com/?p=2556
  • vous n’en déformez pas les propos
  • vous l’informez par un petit mot sympathique que son article fait usage et comment : soit par l’onglet à propos – me contacter, soit par un commentaire laissé en bas de l’article concerné.
  • vous n’en faites aucun usage commercial
  •  Pour ceux qui ne le savent pas, un copyright indiqué par le signe (c) ou ©

 

Suggestions pour aller plus loin à propos de l’artiste :

 

Autres analyses d’œuvres :

· L’oeil cacodylate de Francis Picabia

· Guernica de Pablo Picasso

· Réserve de Christian Boltanski

· L’artiste et sa mère d’Arshile Gorky

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98 Responses »

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  3. J’adore,
    Merci Sylvia….
    Je suis en pleine révision pour l’oral du Capes… Cela me fait du bien de te lire… cela me donne des idées…

  4. Bonjour
    Je découvre votre site aujourd’hui en faisant des recherches pour me préparer à l’admission du CAPES (au cas où je suis admissible). Je le prépare en autodidacte (avec quand même de bonnes bases de formation artistique et des expériences en tant qu’intervenante pédagogique) pour une éventuelle reconversion professionnelle (je travaille actuellement dans le domaine de la conservation-restauration du patrimoine). Merci beaucoup de partager votre travail, c’est très utile !
    J’ai juste une toute petite (minuscule) remarque, quand vous décrivez les matériaux employés par l’artiste, vous ne parlez que du papier… vous oubliez l’encre utilisée pour la sérigraphie ! Détail, mais qui a son importance, en tous cas pour quelqu’un comme moi qui suis habituée à décrire TOUS les matériaux d’oeuvre employés, dans le constat d’état qu’on fait en amont d’une intervention de restauration.
    Bonne continuation.

    • C’est vrai, il manque l’encre ou la peinture de la sérigraphie, et le fusain aussi pour les dessins… Dans ce cas ce n’est pas un matériau mais un médium. L’avantage d’être relu… Merci et Good luck pour le CAPES !

      • Ah oui, en effet, c’est plutôt un médium, du point de vue des arts plastiques. C’est mon approche d’intervention en tant que traitement qui me fait considérer l’encre comme un matériau. J’avais déjà remarqué que dans les arts (mais peut-être aussi dans d’autres domaines), selon le point de vue (spécialité / technique…), on n’emploie pas toujours le même vocabulaire.
        Merci pour les encouragements !

        • Allez Gwenola, de quoi clarifier nos définitions (le glossaire est mon ami :)) :
          Matériau(x) : Désigne toute matière transformée ou non qui sert à construire et, du point de vue des arts plastiques, ce en quoi est fait une oeuvre d’art (marbre, bronze, toile de coton ou de lin, etc…).
          Médium
          (Média au pluriel). En peinture, et dans le sens premier du terme, le médium désigne le liant qui sert à mélanger et étaler les pigments de couleur (l’eau, l’huile, l’essence, etc…).
          Média a pris un sens second dans la communication et désigne un mode de diffusion d’informations (la télévision, les journaux, les livres, etc…)
          Médium (n. m.) : Produit liant les pigments dans la peinture.
          Moyen utilisé dans la fabrication d’une oeuvre (Voir technique).
          Technique (n. f. et adj.) :
          – Techniques matérielles :
          Ensemble des moyens matériels spécifiques d’un matériau ou d’un procédé (exemples: la technique du pastel, de la gouache, de la peinture acrylique ou de la sérigraphie).
          Une technique donnée peut varier selon les époques et les utilisateurs. Elle dépend d’un projet personnalisé (la technique du pastel chez Degas). Une technique mixte utilise plusieurs techniques pour une même oeuvre.
          – Techniques intellectuelles:
          Procédures de mise en oeuvre des connaissances (exemples: technique de composition, de mise en perspective…).
          – Enfin, le terme « technique » sert à qualifier une création qui prend en compte son application industrielle (ou artisanale), à la différence de celle qui ne se soucie ni de finalité, ni de programmation (par exemple les Arts appliqués à l’industrie par rapport aux Arts plastiques).
          Ce terme recouvre parfois la technique comme ensemble de savoirs et de savoir-faire spécifiques d’une pratique artistique et la technique en tant qu’ ensemble des technologies particulières à une industrie.

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  6. je vous remercie pour cet article qui m’est d’une très grande aide pour mon histoire des arts que je vais passé mardi qui vient, si je réussi en étant interrogé sur Ernest Pignon-Ernest je vous en serais très reconnaissante!

    MERCI ENCORE! 🙂

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  12. Bonjour, tout dabord merci beaucoup pour cete merveilleuse analyse. Deuxièmement je suis très heureuse d’être tombé sur ton site car il peut maporter beaucoup et j’espère que tu vas continuer !!!.
    Merci beaucoup
    A.ROINARD

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  15. bonjour, pour mon oral HDA sur cette oeuvre je dois conclure en répondant à cette problématique suivante:comment l’artiste s’inspire-t-il de son environnement pour apporter un nouveau regard? et je me demandais si vous pouviez m’aidée pour répondre ?

    • C’est bien là que nous attendons de voir comment tu réfléchis et ton sens critique. Pose-toi la question de quel(s) environnement(s) on parle et des changements de perception de l’image globale et installée. Un nouveau regard sur quoi ? Dans quel but ? Les liens entre le spectateur et l’environnement?… Si tu as bien lu l’article, tu devrais pouvoir formuler une réponse avec tes mots.

  16. Pingback: Je suis Charlie expliqué

  17. je vais lire avec intêret votre travail d’analyse. je suis enseignante en art et travaille avec mon niveau 4ème sur les productions d’iamges et les différents statuts. Nous avons vus des peintures, des caricatures, de pub, de la propagande etc . Notion de in situ bien sûr. etc … sur le « Expulsés » . travail en 3 étapes et 3 réalisations : statut communication visuelle : en faire une pub ou une affiche de propagande, statut artistique :une peinture exprimant le ressenti face à cette oeuvre et une production numérique dont le titre est :le retour.
    merci à vous.

  18. Je vous remercie de cette belle analyse et surtout de la richesse et qualité des visuels. Les liens avec les autres artistes sont pertinents et très utiles pour ouvrir les esprits… et le yeux de nos ados.
    Je prépare en ce moment les fiches HDA avec mes élèves. Vous êtes un peu avec nous.
    Merci encore.

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  20. C’est un bel article qui est super bien développé et très détaillé et qui m’a beaucoup aidée pour mon Histoire des Arts, je vous remercie donc et vous souhaite une très bonne continuation !

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  23. Bonjour, je travaille en ce moment sur les expulsés mais aussi sur le Mémorial de l’Holocauste à Berlin de Peter Eisenmann.J’ai lu que ce mémorial était une installation in situ. Pourtant cela me semble différent, même si le lieu choisi près de l’emplacement du bunker d’Hitler est important. Pouvez-vous m’éclairer sur ce point? Pardon si ma question est un peu naïve, plus je cherche plus ça m’intéresse mais il y a des notions compliquées. Merci. Hortense

    • Bonjour Hortense,
      In situ implique que l’oeuvre est réalisée pour un lieu bien précis. Son sens dépend ou entre en résonance avec le lieu.Tu fais toi-m^me le lien entre Hitler et le mémorial. Il est à Berlin, pas dans les tropiques, donc en lien avec l’histoire du l’Allemagne; la guerre 39 – 45 . Bonne chance pour la suite !

  24. Super article ! Merci beaucoup, il va beaucoup m’aider pour mon Histoire des Arts. Vous avez pondu un article d’une grande qualité. J’ai pas eu la chance d’avoir une professeur d’Arts Plastiques géniale cette année (on devait travailler sur cette oeuvre mais on ne l’a toujours pas fait). Et sans vous je ne sais pas comment j’aurais fait. Merci encore. Nathan

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  26. bonjour je suis élève en 3e. Jai pris cette œuvre pour mon histoire des arts.J ai cité quelque passage de votre site pour mon oral merci beaucoup pour l aide apporté par la précision de votre site.
    mes remerciments

  27. Bonjour,
    je suis étudiante en première année d’IUT et je n’ai jamais su comprendre le langage artistique. Cependant, je dois actuellement aider mon petit frère pour son oral d’HIDA, le soucis étant que je n’arrive toujours pas à dégager une quelconque problématique d’une oeuvre, auriez-vous la possibilité de m’éclairer, car j’aimerai pouvoir lui expliquer.. ? Je dois avouer que votre analyse m’a particulièrement bien aidée mais il y a toujours 4 autres oeuvres qui attendent derrière .. Merci !
    Cordialement.
    E.B.

    • Selon le Robert, une problématique, c’est « l’art de poser les problèmes ».
      Problématiser, c’est donc être capable d’interroger un sujet pour en faire sortir un ou plusieurs
      problèmes. Au delà, l’élaboration d’une problématique suppose la capacité à articuler et
      hiérarchiser ces problèmes.
      Une problématique s’énonce sous forme de question ouverte qui permettent l’adoption de plusieurs points de vue,
      complémentaires ou concurrents. Exemple une oeuvre sur le thème de la guerre peut appeler une problématique comme : Comment l’art se met-il au service de l’histoire ? Ou encore : En quoi les artistes se mettent-ils au service de la mémoire ?
      Bon courage !

      • C’est à peu près les problématiques ressorties au sujet de la Mémoire et de l’engagement ! Merci beaucoup !

  28. merci beaucoup pour ton article grâce à toi j’ai pu finaliser mon histoire des arts avec pleins d’idées 🙂

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  32. super mais j’ ai une toute petite remarque
    pour des ados comme nous c’est un peut long il faudrait quelque synthèse sa nous aiderai beaucoup car il y a beaucoup d ‘information à traiter pour nos petits cerveaux mais Mercie quand même je me servirai de votre site pour mon hda et mon brevet que je passe cette années.

    • Merci pour ce message Natsu. Bonne remarque il faut synthétiser, c’est justement ce qu’il vous revient 🙂 Le billet ne doit pas remplacer votre propre travail, juste vous fournir plein d’informations pour que vous fassiez vos « courses » en fonction des besoins… Bonne inspiration à toi !

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  34. Bonjour Sylvia,
    Je m’inspire beaucoup de ton article pour l’analyse de cette œuvre, pour mon oral d’Histoire des Arts.
    Je pioche quelques infos et cette analyse m’aide grandement.
    Merci à toi.

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  48. Merci pour ce super article ! Il m’a grandement aider pour préparer mon Histoire Des Arts ! Merci, Bien a vous

  49. Super Article, très bien détallé et très agréable à lire. Il m’a permis de compléter mon analyse pour l’histoire des Arts.

    Merci beaucoup.

  50. Bonjour,

    J’ai belle et bien lut votre article mais il y a une chose que vous n’expliquer pas et dont j’ai grandement besoin. La question est à propos du In situ. Je comprend sa définition cependant, pourriez vous m’en dire un peut plus sur ce mot ?

    Merci d’avance,

    Camille

    • C’est une oeuvre qui est faite pour un lieu précis et qui ne peut être déplacée. Elle est parfois en lien formel (forme) ou en lien avec l’histoire du lieu. Voir Buren. Le concept apparaît dans les années 1960.

  51. Autre chose, quand vous dites: »Le mur est important pour la signification de l’œuvre : l’homme et la femme y sont collés par le marouflage, comme s’ils étaient ancrés à la maison, comme s’ils appartenaient à la mémoire du lieu. »

    Comment et pourquoi y sont-il maroufler ?

    Merci encore,

    Camille

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  53. merci pour tout je vais surement passer mercredi sur cet œuvre alors merci pour votre travail complet je m’en suis largement inspiré.

  54. Pingback: Analyse de The Tower Poppies de Paul Cummins et Tom Piper

  55. Pingback: Exercer sa citoyenneté dans la RF et l'UE | Pearltrees

  56. Tout d’abord merci pour ce site, je dois avouer que j’étais un peu perdue ne savant pas trop par quoi commencer. Je voulais savoir si d’après vous, il etait nécessaire de parler de la vie de Ernest Pignon-Ernest.
    Je pense que ça va me ser je de plan pour mes prochaines œuvres à présenter, encore merci !

  57. Merci pour cette analyse précise et ouverte que je partage avec mes collègues. Une prof d’arts pla

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